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(attention, je ne compte pas parler ici de choses qui m’échappent, de politique etc.)

Je vous aime.
Vous, mes copains. mes amis. Ma famille de coeur.

Vendredi, lors du carnage, de l’abomination, je n’étais pas à Paris.
C’était la première fois que je partais en week-end avec mes filles. Toutes les trois, chez de bons amis, au vert.
Bien nous en a pris de speeder comme des fous après le travail, juste pour profiter un max de la soirée là-bas…

Lorsque je suis avec mes enfants, j’essaie de ne pas être scotchée à mon téléphone (mes proches savent que je suis joignable après 21h en règle général), c’est donc le coeur léger que j’ai laissé mon téléphone dans la poche de ma veste. De plus, mon ami Dada m’avait dit qu’on avait pas de réseau dans leur maison (week end detox ?!).

Mais à 22h44 (cherche pas, je sais pas pourquoi je retiens cet horaire),  addiction oblige, je suis allée le chercher, pour montrer une photo à Juju, je crois…et là? la stupéfaction.
J’avais 11 appels en absence, 17 sms et 82 messages whatsApp…
Ma première réaction fut l’humour: je ne suis absente que depuis deux heures et déjà, je manque à mes amis ! haha !
je me dis que je les lirai plus tard car je ne suis pas seule, je suis invitée, un peu de tenue, que diable!
Puis je jette tout de même un oeil sur les expéditeurs des sms et je suis surprise de voir qu’il s’agit bel et bien de 17 copains différents (et pas d’une convo de groupe).
Tous commencent par: “t’es ou?” “tu vas bien?”, “mais réponds !”.
j’en ouvre un et là, j’apprends que l’horreur est en train de se produire: Mymy m’écrit en style télégraphique ce qu’il se passe: des explosions, des fusillades, des prises d’otages, plusieurs endroits, mes quartiers, ma ville.

Au même moment, une de mes soeurs de coeur m’a appelée, j’ai pu répondre, la rassurer, et elle a transféré mes news aux autres, à tous ceux qui s’inquiétaient de mon silence.
On n’avait pas de télé alors on a couché les enfants (hyper tard) et on a mis la radio pour savoir l’ampleur de cette attaque.
Le fait d’être coupé du monde, le temps d’un week end, nous a protégé de la violence des images véhiculées après de telles catastrophes.

Cela ne m’a pas empêchée de me faire un sang d’encre pour mes amis pour qui la rue Bichat est une rue où se regroupent toutes leurs cantines…

je me suis presque énervée de ne pas parvenir à savoir si c’était le soir de la soirée année 80 si chère à de nombreux amis et qui se déroule au Bataclan, tous les mois.

je n’arrivais pas a lâcher mon tel qui ramait pour savoir si tout le monde avait réussi à rentrer chez lui.

J’ai galéré mais j’ai réussi à rassurer ma meilleure amie, mon NYC (je reviendrai une autre fois sur mes amis et leur surnom 🙂 ).

Puis, je me suis sentie bizarre…j’ai réalisé que tout le monde avait tenté de me joindre, j’avais une fois de plus une preuve d’affection de fou ! même le lendemain, mon téléphone continuait de charger des messages de la veille…(oui, en Edge, l’Iphone rame sévère !).

Avec Dada, on a veillé tard, cette nuit-là. Comme vous, je pense. Impossible de réaliser qu’une tuerie avait eu lieu chez nous.
Comme tout le monde, j’ai super mal mais Paris ne tombera pas.

Paris ne sombrera pas.

Ils sont bêtes à s’acharner comme ça, c’est notre devise après tout, ils devraient se renseigner…

on a vu minute après minute un élan de solidarité sans précédent (scotchée à nos iphones qui captaient à un endroit du salon, mais aussi l’oreille tendue, collée à la radio…).
Cette solidarité m’a touchée. Franchement merci. Malgré l’horreur, j’ai vu une majorité de personnes sensibles et bienveillantes.
Et vous savez quoi, même ceux pour qui je pensais moins compter ont pris de mes news !

Nous sommes tous capable de cet amour si vrai, si simple.
Je tacherai de m’en souvenir tous les jours.
Nous sommes capable du meilleur comme ils ont été capable du pire.

Paris n’est pas tombée. Elle a eu super mal mais l’amour et la bienveillance ont rejailli juste après les larmes de sang.

Par respect pour les familles et proches des victimes bien trop nombreuses, pour éviter que la haine ne gagne, pour notre bien à tous, je tiens à changer vraiment, j’aspire à plus d’amour, envers moi et les autres.

Viens, on se sourit à partir de maintenant !
Viens, on se dit bonjour quand on se croise dans l’immeuble, à l’école de nos enfants,

viens on se sourit dans le métro, même s’il y a du retard,

viens on se sourit un peu partout, un peu n’importe quand.
Viens, on fait ça sans attendre le prochain acte de barbarie.

Je vous aime.
Tous.
Oui, même toi, là bas !

So

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